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Chronique CMC

EDITORIAL

Enjeu

 

Signes de reprise aux Etat-Unis, croissance en berne en Europe, croissance vigoureuse des pays asiatiques  émergents, croissance instable en Afrique : telle est globalement la physionomie de la croissance mondiale. Les dynamiques économiques qui sous-tendent les différences entre ces continents font apparaître un déplacement géographique des foyers de croissance, donc des richesses, largement déterminées par les grandes potentialités encore non exploitées.

C’est dans ce contexte que s’est tenu le dernier sommet du G20 à Toronto. Forum mondial informel qui regroupe des pays représentant plus de 85% du PIB mondial et 65% de la population mondiale. En effet, ce sommet suscitait de grandes attentes dans le monde car il était l’occasion pour les principaux dirigeants de la planète, pays émergents compris, de prendre des décisions courageuses à au moins deux niveaux. Le premier concerne la régulation financière. Sur ce plan, un régime de taxation sur les transactions financières était attendu. Ce régime aurait dû concerner aussi bien les banques commerciales que les hedge funds ainsi que l’ensemble des gestionnaires d’actifs. L’objectif devait être la lutte contre l’évasion fiscale, et la réduction du risque systémique.

Le second niveau, peut-être plus important encore, concerne la gouvernance économique mondiale. En effet, dans la mesure où cette crise a montré que les réponses ne pouvaient être uniquement nationales, la mise en place d’un cadre institutionnel supranational  permettant la régulation de l’économie mondiale constituait un enjeu crucial.

En clair, ce sommet devait à la fois faire émerger de nouvelles institutions de régulation mondiale, veiller à ce que les nouvelles règles ne soient pas biaisées par le niveau aigu d’aversion aux risques, et de manière plus générale, indiquer où va la globalisation, en donnant du sens à ce mouvement et en précisant les moyens à suivre pour une plus grande stabilité.

Mais dans les faits, ce sommet a été en deça des attentes par son manque d’initiative, et surtout la mise à nu des divergences profondes existant entre Etats, américains et européens notamment. Ces divergences concernaient essentiellement la politique économique à suivre pour les prochaines années. D’un côté, la rigueur prônée par les européens  -allemands en tête- afin d’éviter aux Etats de faire faillite sous le poids de l’endettement, et de l’autre la relance de l’économie par le déficit public prônée par les américains afin d’ échapper à la récession. Ces derniers reprochent en effet aux européens de faire de la rigueur trop tôt, au mauvais moment. Au risque de mettre en péril l’amorce de reprise qui se dessine timidement aujourd’hui.

Aussi, ce forum s’est clôturé sans accord global, mis à part quelques engagements et réaffirmation de grands principes. S’agissant du principal débat, à savoir comment relancer la croissance sans creuser davantage les déficits, c’est un compromis qui se dégage. Les mesures de relance seront poursuivies, comme le souhaitaient les Etats-Unis ; parallèlement les pays développés s’engagent à réduire leur déficit, de moitié d’ici 2013, ce qui satisfait les Européens. Concernant la taxation financière, les Etats sont libres de l'appliquer ou de choisir une autre façon de limiter les risques d'une nouvelle crise. Les dirigeants français et allemands ont déjà annoncé qu’ils l’instaureraient de toute façon dans leur pays respectif.

Crédibiliser le G20 passe par l'établissement d'un nouveau statut "constitutionnel" qui suppose un abandon partiel de la souveraineté des pays ainsi que la réfonte des organisations internationales. C'est la condition pour jeter les bases d'une croissance durable et équilibrée.

 

ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

 

Économie Mondiale

Forte dégradation en 2009

 

Les effets de la crise financière sur l’économie mondiale se sont accentués au début de l’année 2009. A partir du deuxième trimestre et surtout au troisième, la reprise se dessinait avec un rebond de l’activité et du commerce mondiaux grâce aux plans de relance publics. Sur l’ensemble de l’année, l’économie mondiale a reculé de 0,6% et le commerce de 11%. Des risques continuent à peser sur les perspectives économiques notamment la persistance du chômage et les risques liés à la dette publique des pays développés. La reprise en 2010 sera à plusieurs vitesses : timide en Europe et au japon, plus vigoureuse aux Etats-Unis. La croissance des pays développés dans leur ensemble serait de 2,3% contre 6,3% dans les pays émergents et en développement.

 

Commerce Mondial

Sombre année 2009 et reprise en 2010

 

Le commerce mondial a connu une contraction sans précédent en 2009 ; la première de son ampleur depuis la Grande récession. Il s’est contracté de 12% en volume et de 23% en valeur par rapport à 2008. Le recul du commerce a été bien plus profond que celui du PIB mondial à cause notamment de la prédominance dans les échanges mondiaux des biens de consommation durable dont l’élasticité revenu est élevée et du développement des chaînes d’approvisionnement mondiales qui, compte tenu du mode de compilation des statistiques de commerce, amplifie la tendance des mouvements transfrontaliers de marchandise. La reprise entamée dès le troisième trimestre devrait se poursuivre et le commerce devrait croître de 9,5% en 2010.

 

Marchés des Produits de Base

Redressement en 2009

 

Après s’être effondrés à la suite de la crise financière, les cours des produits de base se sont stabilisés en février 2009 et ont vivement rebondi par la suite. À la fin de 2009, l’indice des produits de base du FMI était monté de plus de 40 % par rapport à son plus bas niveau, en raison pour une large part de la forte hausse des cours du pétrole (plus de 70 %) et des métaux (environ 60 %).

Malgré cette progression, toutefois, le cours moyen du pétrole en 2009 se situait 36,4 % en deçà de la moyenne de l’année précédente et les cours des matières premières non énergétiques ont en moyenne reculé de quelque 22 % en 2009 par rapport à l’année précédente.

 

Les Investissements Directs Etrangers

Plongeon généralisé en 2009

 

Les investissements directs étrangers ont dégringolé en 2009. Ils ont baissé de 50% par rapport au pic de 2007 et de 39% par rapport à 2008. La baisse est généralisée à l’ensemble des composantes de l’IDE et l’ensemble des régions du Monde. Après six ans de croissance ininterrompue, les flux à destination des pays en développement ont chuté de 35%. Les Etats-Unis restent le premier pays receveur suivi de la Chine qui est passée de la sixième à la deuxième place détrônant ainsi la France. La Chine est par ailleurs le premier exportateur net mondial de capitaux avec une part de 23,5%. A moyen terme, les IDE devraient augmenter mais à des taux modestes. Ils atteindraient selon la CNUCED 1300 et 1700 milliards de dollars respectivement  en 2010 et 2011 ce qui reste en deçà des niveaux de 2007.

 

FOCUS

 

Échanges Commerciaux entre le Maroc et la Chine

Balance commerciale en forte détérioration

 

Concentrés au début du millénaire sur quelques produits dont notamment le thé et certains produits finis de consommation à l’importation et les engrais à l’exportation, les échanges extérieurs entre le Maroc et la Chine ont connu une importante diversification due en grande partie au dynamisme des achats marocains de produits chinois, la croissance du niveau des échanges étant  le fait quasi exclusif des importations. Au terme de l’exercice 2009, les importations ont atteint 21 MRDH contre 1,2 MRDH pour les exportations.

 

POLITIQUE ECONOMIQUE & PROFIL DE CROISANCE

 

Politique économique

Retour en force des politiques contracycliques ?

 

Le débat sur l’opportunité des actions budgétaires autant que leur efficacité semble être relégué au second plan sous l’effet de la crise et ses implications sur l’activité. La nécessité de préservation de la stabilité des marchés financiers et, au delà, du maintien de la croissance et l’emploi,  a poussé la plupart des économies à entreprendre des actions d’envergure de soutien à l’activité sous l’approbation et même l’insistance des organismes financiers internationaux. L’engagement financier important qui en est résulté a fait réapparaître le spectre des déficits publics au point où des pays fortement affectés se trouvent actuellement dans l’obligation de recadrer leur programme d’intervention de façon à lui garantir une certaine soutenabilité.

Au Maroc, la particularité de la situation conjoncturelle depuis plus d’une année et les développements attendus pour l’exercice en cours situent les orientations de la politique économique quelque peu à l’écart du débat portant sur la nature et le degré d’implication de l’Etat dans la dynamique de relance. Les répercussions importantes  de la crise financière sur l’activité et l’emploi ont conduit les pouvoirs publics à opter pour une politique fortement contracyclique. Les actions budgétaires entreprises dans ce sens ont porté sur l’intensification de l’effort d’investissement public, le soutien au pouvoir d’achat et le réaménagement de la fiscalité en plus des mesures d’urgence visant le soutien des activités sectorielles les plus exposées. Ces actions ont été par ailleurs soutenues par une politique monétaire plus accommodante

 

Activités de Production en 2009

L’Agriculture sauve la croissance

 

Selon les résultats des deux sondages d’opinion réalisés par le Centre Marocain de Conjoncture respectivement en février et juillet 2009 auprès d’un échantillon représentatif des opérateurs, plus de 80% des sondés avait pressenti que les effets de la crise mondiale se feraient pleinement sentir au Maroc avec un effet de décalage de 18 à 24 mois ; autrement dit, le Maroc sera touché de plein fouet en 2010 voire en 2011!  Sur la fois des statistiques couvrant 2009, il semble que ces anticipations soient en passe de se réaliser. 

En effet, subissant pour la deuxième année consécutive  les effets fâcheux de la crise systémique qui secoue le monde depuis bientôt deux ans, le profil de croissance de l’économie nationale doit beaucoup aux performances des activités primaires à la faveur d’une campagne agricole record. Cette croissance spectaculaire du secteur primaire s’est accompagnée d’un  mouvement de ralentissement voire d’une stagnation tant  au niveau des activités secondaires que des activités tertiaires. Constituant une consolidation de la performance de 2008, le  taux de croissance de 4,97 % enregistré en 2009 résulte donc pour l’essentiel des performances des activités primaires dont la forte valeur ajoutée réelle à progressé  d’environ 30,6%. De leurs côtés,  les activités secondaires ont enregistré un retournement de tendance traduisant l’ampleur des difficultés de l’ensemble des activités tertiaires : soit une baisse 4,7% contre une hausse de 3,6% un an plus tôt.  Il en est de même des activités tertiaires qui ont stagne : avec un rythme de 3,9% de progression contre 4,1% en 2008, les activités tertiaires accusent une perte de 0,2 points de croissance par rapport à l’exercice précédent.

Les contre-performances des activités secondaires et tertiaires sont à relier à la détérioration de l’environnement international et qui a fini par toucher le Maroc avec un effet de décalage de plus d’une année.

 

Demande Globale en 2009

La consommation intérieure amortit les chocs externes

 

Fortement contrarié par la perte de dynamisme voire le tassement de certaines branches relevant du secondaire et du tertiaire, la performance exceptionnelle des activités primaires  n’a eu qu’un impact des plus limité sur les équilibres financiers au plan interne. Contrairement aux prévisions de la loi des finances, des manques à gagner enregistrés au chapitre des ressources ont fini par dégrader la position du trésor ; l’exercice budgétaire s’est en effet achevé sur un déficit avoisinant les 16Milliards de dhs représentant 2,2 % du PIB. De même, et dans le prolongement de la baisse de la demande étrangère  au Maroc, la situation des équilibres externes a subi une forte détérioration. Le déficit des transactions courantes s’est par conséquent élevé à 36,8 Milliards de DH au terme de l’exercice, représentant quelque 5 % du PIB.

Dans ce contexte très contraint par l’environnement international, le marché intérieur a quelque peu joué le rôle de stabilisateur et d’amortisseur des chocs externes. Il est à noter, en particulier, que la consommation des ménages qui représente plus de la moitié des emplois en biens et services a enregistré une progression moindre que celle observée en 2008. Le taux d’accroissement de cet agrégat exprimé en termes réels s’est en effet élevé à près de 4%  au terme de l’année 2009, en baisse de  2points par rapport au  rythme observé en 2008. De son côté, l’investissement national tel qu’il est mesuré par la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) s’élève en valeur courante à  226,1 Milliards de DH contre 227,5 Milliards en 2008, soit un accroissement de seulement 2,5% en termes réels contre 11,50%, en baisse de 9points comparativement au rythme relevé un an plus tôt. Toutefois, et même s’il se situe franchement en forte décélération par rapport au résultat de l’exercice précédent, ce rythme d’évolution témoigne de la consolidation des progrès enregistrés en matière d’investissement au cours des trois dernières années. La tendance à la reprise, même décélérée,  qui ressort des données portant sur la consommation finale des ménages et la formation brute de capital fixe a malgré tout compensée la forte chute de la demande extérieure résultant de la détérioration de la conjoncture internationale.

Sur la base de ces éléments, la contribution des agrégats de la demande finale à la croissance montre l’importance de l’apport positif  de la consommation  finale  au regard de la demande extérieure dont l’apport négatif témoigne de la ponction opérée par le reste du monde sur l’économie nationale.

 

FINANCES PUBLIQUES

 

Finances Publiques

Déficit budgétaire après deux années d’excédent

 

Après un excédent de 3,1 milliards de dirhams ou 0,4% du PIB en 2008, la situation des finances publiques en 2009 a été caractérisée par le retour au déficit budgétaire. Le budget a dégagé, au terme de l’année 2009, un solde négatif de 15,9 milliards de dirhams ou 2,2% du PIB. Cette situation est le résultat de la sensible progression des dépenses d’investissement, dans le cadre du soutien de l’Etat à l’activité économique, et du recul des recettes fiscales, en liaison avec la poursuite de la réforme fiscale et le ralentissement des activités non agricoles. Malgré la détérioration de la position budgétaire, le Trésor a pu ramener son taux d’endettement en un an de 47,3% à 47,1% du PIB, reflétant ainsi la poursuite de la consolidation de la soutenabilité à moyen terme des finances publiques.

 

Dette Publique

Hausse appréciable en 2009

 

Compte tenu du retour à une situation de déficit budgétaire après deux années d’excédent, et du maintien de conditions de financement favorables sur le marché monétaire, la politique d’endettement public en 2009 a été marquée par des changements notables par rapport à l’année précédente. Pour répondre à son besoin de financement et maintenir un niveau d’investissement public élevé, le Trésor a accru de manière significative le recours au marché des adjudications et mobilisé davantage de ressources extérieures auprès des créanciers multilatéraux et bilatéraux. Ces évolutions se sont traduites par une augmentation appréciable de la dette publique qui a atteint 419,3 milliards de dirhams à fin 2009, soit une augmentation de 7,2% après une quasi-stabilisation de l’encours en 2008. Cette augmentation ne s’est pas traduite par une détérioration importante des ratios de la dette par rapport au PIB, et les indicateurs d’endettement ont continué de s’améliorer, alors qu’au niveau international règne un  climat de forte incertitude concernant la soutenabilité de la dette publique de certains pays.

 

Dette Extérieure

Augmentation conséquente des tirages

 

La dette extérieure publique a enregistré en 2009 une hausse appréciable de 14% par rapport à l’année précédente. Cette augmentation de l’encours est le résultat de l’évolution positive des flux nets de la dette (tirages-charges en principal), qui ont atteint le chiffre record de 18,8 milliards de dirhams en 2009 contre 9,3 milliards de dirhams un an auparavant.

La réalisation d’un solde des flux nets en faveur de notre pays pour la quatrième année consécutive s’explique par le recul important des remboursements en capital, mais aussi et surtout par l’augmentation conséquente des tirages, dans le cadre d’une stratégie qui vise, depuis 2007, à mobiliser davantage de ressources extérieures pour accompagner les grands projets d’investissement publics, et contribuer à la soutenabilité de la balance des paiements face à une conjoncture extérieure défavorable.

 

 

FINANCEMENT DE L’ECONOMIE

 

 

Politique Monétaire

Importantes mesures d’assouplissement

 

L’année 2009 a représenté pour la banque centrale une étape importante en matière de politique monétaire. Au cours de l’année écoulée, le déficit de trésorerie des banques s’est fortement aggravé essentiellement sous l’effet de la contraction des avoirs extérieurs nets consécutive à la détérioration du solde de la balance des paiements. Face à cette situation, et dans un contexte de baisse des tensions inflationnistes, la banque centrale a procédé au desserrement de sa politique monétaire pour répondre aux besoins de liquidité des banques, et assurer ainsi des conditions de financement favorables au maintien de la demande interne dans un environnement international toujours difficile.

 

 

 

Marché Monétaire

Evolution globalement positive

 

Au cours de l’année 2009, les différents compartiments du marché monétaire ont enregistré des évolutions globalement positives. Sur le marché interbancaire, les interventions de la banque centrale, et en particulier la décision de procéder à la réduction du taux directeur, ont permis d’améliorer les conditions de financement, ce qui s’est traduit par la baisse des taux monétaires, et ce malgré l’aggravation du déficit de trésorerie des banques.

Le marché primaire des bons du Trésor a connu un regain d’activité en 2009 avec une hausse de 38% de la demande des investisseurs et une augmentation du volume levé par le Trésor de 57% dans un contexte d’accroissement du besoin de financement. La forte demande des investisseurs et le recul des taux sur le marché monétaire ont tiré vers la baisse les rendements des maturités courtes et moyennes, permettant ainsi au Trésor de se financer à des conditions avantageuses.

La régularité des levées du Trésor sur les segments court et moyen de la courbe des taux et l’amélioration des conditions de financement des banques ont également permis de réduire les taux d’intérêt sur le marché secondaire. Quant au marché de la dette privée, il continue d’enregistrer un volume important d’émissions de titres de créances négociables malgré le repli observé par rapport à l’année précédente.

 

Agrégats Monétaires

Nette décélération du rythme de création monétaire

 

L’année 2009 a été marquée par une nette décélération du rythme de la création monétaire. La masse monétaire, représentée par l’agrégat M3, a enregistré une croissance de seulement 4,5% à fin 2009 contre 10,8% un an auparavant. Ce ralentissement de la croissance de l’agrégat M3 reflète l’évolution des sources de la création monétaire.

Les avoirs extérieurs nets se sont sensiblement contractés en 2009 essentiellement sous l’effet de la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc en provenance du principal partenaire, l’Union Européenne qui continue de subir les contrecoups de la crise.

Les créances nettes sur l’Etat ont aussi contribué négativement à la croissance de la masse monétaire, dans un contexte de hausse du besoin de financement du Trésor en 2009. Quant aux crédits à l’économie, ils ont enregistré une nette décélération par rapport aux années précédentes, en raison du ralentissement de l’activité économique non agricole qui constitue le principal déterminant de la demande de monnaie.

 

 

 

Marché des Crédits et Dépôts en 2009

Atonie générale doublée d’une forte concentration

 

Subissant de plein fouet les effets de la crise qui secoue le monde depuis septembre 2008, les activités de distribution des crédits et de collecte de dépôts n’ont enregistré au terme de 2009  qu’une croissance très modérée comparativement aux évolutions relevées quelques années plus tôt. Avec un volume de 601,3 Milliards dhs, l’encours brut des dépôts n’aura  progressé que de 5,3% contre des progressions de 11%, de 18,4% et de 17% durant les trois années antérieures.

De leurs côtés, les crédits ont suivi le même trend baissier. Avec un encours 568Milliards dhs, ils n’auront enregistré qu’une hausse de quelques 9% contre des croissances spectaculaires de 23%, de 29% et de 17% durant les exercices précédents. 

Par ailleurs, le marché se caractérise par une forte concentration. Trois banques seulement parmi l’ensemble des institutions qui opèrent sur le marché  drainent 68% environ des dépôts et assurent la distribution de plus de 60% de la totalité des concours bancaires. Ces différents établissements de crédit se livrent actuellement une concurrence acharnée pour se maintenir ou améliorer leur positionnement.

 

 

Sociétés de Financement

Perte de dynamisme en 2009

 

En 2009, les sociétés de financement ont globalement souffert d’une perte de dynamisme par rapport aux années précédentes. Le crédit-bail mobilier, qui est le segment prédominant de l’activité de crédit-bail a été affecté par la crise financière, et a ainsi enregistré une baisse de sa production de 4,6% par rapport à 2008. Le recul du leasing a été néanmoins atténué par la bonne santé du segment crédit-bail immobilier dont la production a augmenté de 13,2%.

Les sociétés de crédit-bail et les sociétés de crédit à la consommation ont enregistré une progression de l’encours global des crédits, mais cette progression a été beaucoup plus faible que les années précédentes. Les deux sociétés d’affacturage ont, quant à elles accusé une régression de 3,4% de l’encours global des remises de créances.

 

Secteur des Assurances

Poursuite de la croissance

 

Le secteur des assurances a été assaini à partir de 2006 et présente depuis lors des évolutions positives. En 2009, le secteur a enregistré une augmentation de 5,46% de son chiffre d’affaires qui a atteint 20,9 milliards de dirhams. Cette progression est due essentiellement au pôle Non Vie dont le montant des émissions s’est accru de 7,4% alors que le pôle Vie a enregistré une faible progression de 1,3%, après avoir connu une hausse sensible en 2008. Les provisions techniques brutes des entreprises d’assurances ont continué d’augmenter en 2009. Compte tenu de ces évolutions, le résultat net a dégagé un bénéfice de 30,93 milliards de dirhams, en baisse de 5,67% par rapport à l’année précédente. Le secteur reste donc rentable et a relativement bien résisté à la crise, mais présente un certain nombre de fragilités qui ont rendu nécessaire la mise en place d’une réforme définie dans le cadre d’un contrat-programme initié par le Ministère de l’Economie et des Finances et le secteur des assurances. Ce contrat-programme, qui devrait s’étaler sur cinq ans, vise à mettre en place une vision stratégique du secteur sur le moyen et long terme à même de remédier aux fragilités existantes.

 

Bourse de Casablanca

Recul de l’activité pour la deuxième année consécutive

 

Après avoir été qualifiée « d’exception casablancaise » plusieurs mois après le déclenchement de la crise des subprimes, la bourse des valeurs de Casablanca a été à son tour affectée par la crise financière mondiale à partir du second semestre 2008. En 2009, la place casablancaise a enregistré de mauvaises performances pour la deuxième année consécutive dans un contexte marqué par une crise de confiance et une atonie durable du marché qui est demeuré orienté globalement à la baisse. Même si le repli a été plus modéré qu’en 2008, le marché actions a  achevé l’année 2009 sur des notes négatives de -4,9% et -6,6% respectivement pour le MASI et le MADEX, contre des baisses de 13,5% et 13,4% un an auparavant.

 

 

SYNTEME PRODCUTIF

 

 

Agriculture

Un secteur prioritaire

 

En 2009 le secteur agricole a bénéficié de conditions climatiques très favorables. La production céréalière a été l’une des plus importantes qu’ait connue le Maroc. La récolte a atteint 104 millions de quintaux, dépassant celle de l’année précédente de 95%.  Les autres cultures ont connu quant à elles des développements différenciés. Un léger mieux a été observé pour les cultures maraichères,  conforté par un bon comportement des légumineuses et une baisse pour les agrumes. L’élevage s’est légèrement amélioré par rapport à 2008, pendant que le secteur de la pêche à enregistré des résultats mitigés.

 

Pêche

Une nouvelle stratégie pour dynamiser le secteur

 

L’activité de la pêche est en pleine restructuration. Le plan bleu élaboré en complément au plan vert lancé par les pouvoirs publics courant 2009 est destiné à mettre de l’ordre dans cette activité et la dynamiser. En 2009 le volume  pêché est en hausse de plus de 13%. Cette hausse a concerné à la fois la pêche hauturière et la pêche côtière. En revanche la valeur correspondant à ce volume global est en baisse.

 

Mines

Un secteur en mutation

 

La production minière appréciée à travers l’indice de la production minier établi par la Direction de la Statistique montre que ce secteur a enregistré une baisse importante de son activité en 2009 comparativement à 2008. Cette diminution a été de 13,4%. Elle est due surtout à la chute vertigineuse qu’a connu la production de phosphate dont la diminution d’une année sur l’autre a été de 29,2% suite aux effets de la crise d’abord financière puis économique, qui a secoué toutes les économies de par le monde.

 

Energie

Vers une meilleure utilisation des  ressources énergétiques

 

En dépit de nombreux efforts déployés par les pouvoirs publics pour réduire la dépendance énergétique du Maroc, celle-ci demeure relativement forte. Des résultats positifs ont été cependant enregistrés. Les besoins demeurent supérieurs à l’offre. De ce fait, le recours à l’approvisionnement de l’extérieur est dans ce cas inévitable et la facture énergétique reste pesante malgré les stratégies de diversification et d’optimisation mises en œuvre.

 

Industries de Transformation

Un secteur en pleine restructuration

 

La production des industries de transformation a évolué au taux de 0,2% en moyenne entre 2008 et 2009. Bien que d’un niveau très faible, cette progression est plus importante que celle observée une année auparavant. Cette conjoncture morose de l’activité industrielle est à lier avec la crise économique et financière qui a caractérisé ces deux dernières années. Ce résultat auraient pu être négatif si des mesures anti-crises n’ont pas été mises en œuvre par les pouvoirs publics pour en limiter les effets.

 

Immobilier en 2009

Activité en forte décélération

 

Sur la foi des statistiques les plus récentes, le secteur de l’immobilier vit une situation paradoxale en 2009. En effet, si au niveau au niveau de l’offre la production de logements a continué à croître mais à des rythmes en décélération comparativement à la dynamique relevée durant les années antérieures à en juger par les investissements dans ce secteur qui ont progressé de 3,5% en 2009. Au niveau de la demande par contre, les transactions ont chuté de 15,3%, les prix des actifs immobiliers de 2,2%. Derrière ce recul de la demande se trouve la contraction simultanée des différentes demandes- des ménages, spéculatives et étrangères. Dit autrement, si la baisse de la demande des ménages s’explique par l’effet direct de la montée des prix et l’épuisement des capacités d’endettement pour le long terme, la demande spéculative par l’effet de stagnation des prix et la baisse de la rentabilité et le recul de la demande internationale serait due à un manque de visibilité.

 

Tourisme

Le contrecoup de la crise

 

La crise financière et économique qui a frappé de plein fouet l’ensemble des économies de par le monde  n’a pas été sans effet sur l’activité touristique dans notre pays. Bien que le nombre des arrivées des touristes ait augmenté de 8% en 2009 comparativement à 2008, le nombre de nuitées tout comme les recettes touristiques ont chuté respectivement de 1% et 4% et le taux d’occupation a diminué de 4%. Cette situation n’est pas propre au Maroc. De nombreux pays ont connu la même situation.

 

 

RELATIONS ET FINANCEMENTS EXTERIEURS

 

 

Balance des Marchandises

Baisse de la demande extérieure adressée au Maroc

 

 

 

 

 

Echanges Agricoles

Taux de couverture en amélioration

 

 

 

Balance des Mines et de l’Energie

Des évolutions différenciées

 

Dominées par les phosphates et le pétrole les échanges portant sur les produits énergétiques et miniers ont  connu des baisses d’intensité d’intensités variables au terme de l’année écoulée. Cependant, le principal fait marquant s’agissant de la balance commerciale de cette catégorie de flux commerciaux est la baisse importante de la facture énergétique consécutivement à la chute des prix des matières premières de manière générale et des produits pétroliers en particulier

 

Produits Agro-industriels

Déficit commercial stable

 

Textiles et Habillement

Taux de couverture en amélioration

 

Produits Chimiques

Forte aggravation du déficit commercial

 

Produits Electriques Electroniques

Déficit en allègement

 

Produits Mécaniques et Métallurgiques

Amélioration du solde commercial

 

 

 

Balance Commerciale des Services

Surplus en érosion

 

Au terme de l’exercice 2009, la balance commerciale des échanges extérieurs des services a atteint un excédent de 41 MRDH contre 51 MRDH en 2008 soit une baisse de 19,9%. Le taux de couverture est passé de 199% à 173% soit une perte de 26 points.

La baisse de l’excédent commercial est le fait principalement des retombées négatives de la crise économique mondiale sur le secteur du tourisme. D’autres secteurs ont pu, par contre, améliorer leurs performances malgré le contexte de crise.

 

 

Flux Financiers

Un excédent en baisse

 

Les flux financiers concernent principalement quatre rubriques : les flux des revenus, des transferts, du capital et des opérations financières. Les opérations de capital étant très faibles, seules les trois rubriques restantes présentent des flux importants. Au terme de l’exercice 2009, le solde global des flux financiers demeure positif malgré le contexte de la crise économique mondiale qui sévit depuis septembre 2008. Cette performance résulte notamment de la résilience des transferts courants des Marocains du Monde dont la baisse a été contenue à un niveau relativement bas.

 

 

 

Tableau de Bord Global

 

 

 

 

DIMENSIONS SOCIALE DE LA CROISSANCE

 

 

Promotion de l’Emploi

En salle d’attente des grands chantiers

 

Le Maroc a pris conscience des défis à relever face à la mondialisation particulièrement sur le plan de la compétitivité. Pour ce faire, le pari qui  est fait sur l’amélioration des gains de productivité et sur la promotion de l’emploi, serait un levier d’autant plus porteur  qu’il mettrait en jeu les activités à forte intensité de compétences scientifiques et techniques.  Dès lors de grands chantiers sont régulièrement lancés dans des secteurs couvrant la quasi-totalité des secteurs formant nomenclature de l’activité socio-économique du Royaume.  Pour accompagner la réalisation de ces gigantesques ouvrages, une stratégie est progressivement mise en place et reçoit, depuis et de façon régulière, des enrichissements en segments additionnels. C’est le cas du programme  de formation d’ingénieurs dans les différents domaines scientifique et technologique ou de la mise en place de politiques d’insertion de jeunes dans l’emploi salarié et l’auto-emploi…

 

Pouvoir d’Achat

Appréciation et préservation à facettes multiples

 

Les dernières déclarations gouvernementales sont faites sur un ton rassurant, quant à la veille observée, pour maintenir le pouvoir d’achat hors d’atteinte des écornifleurs  de la spéculation.  Les mesures, bien que perfectibles, considérées comme efficaces se résument dans  la maintenance, grâce aux subventions de la caisse de compensation, des niveaux des prix des produits de base subventionnés, en dépit des augmentations que ceux-ci peuvent subir sur les marchés internationaux. Le gouvernement fait état également des mesures coercitives de contrôle des prix et des dispositions législatives de pilotage, de  la liberté  des prix et de la concurrence, pour préserver le pouvoir d’achat.

 

L’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH)

Une stratégie-renfot au secours des visions sectorielles de l’Etat

 

Depuis son lancement par SM le Roi en 2005, le chantier de règne dit Initiative Nationale du Développement Humain, plus connu sous le sigle INDH, s’octroie une place de politique privilégiée qui cristallise tous les espoirs de faire du développement local un pilier de l’amélioration des conditions de vie des populations. Cet objectif serait le concours des effets induits par des projets à grande diversification et à forte mobilisation de fonds d’investissement.

 

 

 

PREVISIONS  DE CROISSANCE 2010-2012

 

 

2010

Année relais aux performances mitigées

 

Les perspectives de l’activité économique en 2010 s’annoncent au terme du premier semestre de l’année assez modestes. Les principaux facteurs agissant sur la dynamique de croissance présentent des configurations relativement moins favorables par rapport à l’exercice précédent tant au plan de l’environnement économique interne qu’externe. D’abord au niveau externe, les signes de reprise relevées après la période de crise dans la plupart des économies locomotives de la croissance mondiale demeurent assez timides.  Ceci est particulièrement le cas des économies européennes où le taux de croissance projeté pour l’année 2010 ne dépasserait guère la moyenne 0,8 % contre 3,3 % pour l’économie américaine et 2 % pour le Japon. Au plan interne, la croissance de l’économie nationale en 2010 sera largement conditionnée du côté de l’offre par les résultats positifs de la campagne agricole ainsi que par les performances assez différenciées des activités industrielles, commerciales et de services. Elle sera aussi conditionnée du côté de la demande par le comportement de consommation et d’investissement ainsi que par le programme de politique économique dans ses volets budgétaire, monétaire et financier. Sur chacun de ces déterminants de la croissance, les hypothèses qui sous-tendent le scénario prévisionnel pour l’année 2010 conduisent à un repli du rythme de croissance par rapport à l’exercice précédent. L’accroissement du PIB devrait ainsi se limiter à 2,8 % en termes réels, contre 4,9 % en 2009. Cette perspective globale recouvre cependant des configurations très contrastées entre les secteurs d’activité. Alors que le secteur agricole devrait accuser un net repli par rapport au résultat exceptionnel de l’exercice précédent, les activités secondaires et de services devraient marquer un redressement appréciable de la production et des débouchés.

 

 

Croissance Contrariée par les Intempéries en 2010

Une perte estimée à 0,7% du PIB

 

Les changements climatiques qui ont affecté différentes régions de la planète avec une intensité grandissante ces dernières années ont augmenté de façon notable la fréquence des catastrophes naturelles. Le Maroc n’a pas été épargné de ce cycle d’événements dommageables comme en témoignent les importantes inondations enregistrées au cours du mois de février dernier. La réaction à cet événement extrême aussi bien de la part des pouvoirs publics que de la société civile ne s’est pas fait attendre pour parer aux dégâts provoqués par l’ampleur du sinistre et pour venir en aide aux populations affectées. L’évaluation des coûts de ces inondations et leur impact sur l’homme, la nature et l’activité économique s’impose aujourd’hui afin de mieux fonder les actions à entreprendre à l’avenir pour faire face à ce genre de situations.

 

 

2011

Espoir de reprise sur fond incertitudes

 

En dépit des facteurs d’incertitudes qui continuent de peser sur l’environnement économique à l’échelon international, les perspectives de croissance de l’économie nationale en 2011 s’annoncent relativement favorables. Le taux de croissance projeté pour l’exercice à venir devrait se situer autour de 4,5 %, enregistrant ainsi un gain de 1,7 point par rapport à l’année 2010. Cette configuration prévisionnelle table sur une reprise des activités de l’industrie, du bâtiment et travaux publics ainsi que de activités de services à la faveur d’un raffermissement sensible de la demande tant au plan interne qu’externe. Elle table aussi sur un redressement appréciable des activités agricoles avec une hausse de la valeur ajoutée globale du secteur atteignant 3,5 % par rapport à l’exercice précédent. Cette perspective devrait par ailleurs s’accompagner d’une amélioration significative du cadre macroéconomique sous le double front, celui de l’inflation et celui du chômage. Les pronostics établis à ce sujet prévoient une relative accalmie de l’inflation avec un taux moyen de 2,3 % et un repli de près d’un demi-point du taux de chômage. 

 

 

 

Tableau de bord Sectoriel

 

 

DOSSIER APECIAL

 

 

Projet de Régionalisation Avancée

Stratégie et enjeux

 

L’exercice proposé ici consiste à synthétiser le contenu des différents Discours Royaux depuis 2006 et de les présenter selon la lecture normalisée dite matrice du cadre logique, habituellement utilisée dans la formulation des projets. Il s’agit notamment de mettre en valeur les objectifs, les moyens et les mesures d’accompagnement contenus dans les Directives Royales.

 

 

Production des Richesses

Disparités et découpage régional

 

Quels que soient les qualificatifs qu’on attribue au développement, ils ont tous l’appétence à traduire l’attitude d’aller au-delà de simples indicateurs de croissance pour intégrer les réductions des inégalités dans un développement économique et social, ou tenir compte de l’environnement dans un développement durable ou encore mettre en avant l’individu, véritable cible de toute initiative, dans un développement dit humain. D’aucuns poussent l’exigence jusqu’à prendre en considération à la fois la cible et son environnement dans un développement qualifié d’humain durable.

 

 

Configurer les Régions de Demain

En enrayant les contraintes d’aujourd’hui

 

Au lendemain de l’indépendance, le Maroc s’est trouvé confronté à une situation caractérisée par la faiblesse des investissements, l’importance du chômage et de fortes inégalités économiques, sociales et territoriales. Cette  situation a appelé à une directe et franche intervention de l’État pour  sauvegarder l’intérêt général et répondre aux objectifs économiques et sociaux de la nation. Le Maroc s’est ainsi engagé dans un système de planification économique et sociale, sans pour autant remettre en question son option pour le libéralisme.

Cette planification, supposée directive pour le secteur public et fortement incitative pour l’initiative privée, constituera un édifice fondamental de la reconstruction de l’État national.

 

 

Positionnement des Partis Politiques et Axes Majeurs de la Régionalisation

 

La gestation du projet de régionalisation élargie ou avancée n’est pas sans poser  de nombreuses questions qui fusent dans tous les sens, tant les considérations à intégrer sont nombreuses et diversifiées. Ces considérations s’enchevêtrent par moment, se contredisent parfois mais se complètent toujours, quand elles sont animées d’une réelle volonté constructive,  pour former, à chaque fois, un projet  pour une société que l’on voudrait consacrer comme maroco-marocaine.

 

 

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