L’analyse de l’évolution de la demande étrangère adressée au Maroc montre que celle-ci reste largement dépendante des partenaires européens. Elle montre aussi qu’elle a connu une tendance positive entre 2002 et 2007, devenant ensuite négative depuis l’avènement de la crise internationale pour ne reprendre que depuis la fin de 2009. L’analyse de l’écart entre demande étrangère et les exportations marocaines montre que le Maroc ne profite pas des périodes d’augmentation de la demande étrangère. Ceci dénote une faiblesse de la compétitivité des entreprises marocaines et un faible impact des politiques publiques menées jusque-là.
Sur la période 2000-2008, les pays de l’Union européenne contribuent à hauteur de 80% de la demande étrangère adressée au Maroc, ce qui reflète la structure des exportations marocaines.L’analyse de l’évolution de la demande étrangère adressée au Maroc montre que celle-ci reste largement dépendante des partenaires européens, même si la dynamique de la demande en provenance des pays hors Union européenne (Inde, Brésil, Russie, Turquie, Chine…), est plus forte depuis 2004. D’un autre côté, après une période de stagnation de la demande pendant les années 2000-2002, une augmentation fut constatée depuis qui s’est vue brutalement arrêtée en 2008 et 2009 avec l’avènement de la crise internationale.
En 2009, la demande étrangère de biens adressée au Maroc (en volume) a connu une chute de 12%. Cette baisse est due à la chute des importations européennes du fait de la crise économique et financière internationale qui a touché de plein fouet ces pays qui constituent les principaux partenaires commerciaux du Maroc. Ceci explique à son tour le recul des exportations marocaines, notamment en produits textile-habillement et en composantes de l’industrie automobile. La reprise de la croissance mondiale et des échanges commerciaux devrait se traduire par une reprise de la demande étrangère adressée au Maroc, quoique à un rythme inférieur à celui qui a prévalu sur la période 2002-2007.
Dans ce contexte international en demi-teinte et sur la foi des indices avancés de conjoncture, l’économie marocaine, en 2010, devrait afficher une croissance globale substantielle de l’ordre de 3,2% et reconduirait les premiers pronostics de croissance établis par le CMC, il y a de cela un an environ. En tenant compte du fait que l’année 2010 succède à un exercice où la campagne agricole a été exceptionnelle avec 102 millions de quintaux de céréales, ce taux de croissance en volume constituerait une performance. Même si l’année 2010 est bien arrosée, elle n’atteindrait pas les 100 millions de quintaux. Déjà, les superficies emblavées et dédiées aux céréales en 2010 ont régressé d’environ 8% par rapport l’année précédente. Les inondations qui ont affecté l’arboriculture, les cultures maraîchères et industrielles vont certainement provoquer un ralentissement de l’expansion du secteur. L’évolution de la valeur ajoutée du secteur agricole devrait connaître, d’après les prévisions du Centre, une baisse d’environ 4,3% en termes réels. Face à cette décroissance des activités agricoles, qui constitue en elle-même un exploit, ce cadrage macroéconomique prévisionnel préfigure un retour du secteur des industries manufacturières et du secteur des services à la dynamique tendancielle des années d’avant la crise.