Les tensions qui sont apparues pour la première fois sur les marchés financiers américains dans le courant de l’été 2007 se sont transformées en une véritable crise financière mondiale durant l’automne 2008. Cette crise est aujourd’hui devenue planétaire. Dans ce contexte, les perspectives de croissance pour l’économie mondiale ont été révisées à la baisse. De 2,5% prévue initialement, ce taux a été ramené à 0,9%. En 2009, cette croissance serait pour la première fois, depuis deux décennies, inférieure à 5% pour l’ensemble des pays en développement. Ces perspectives de croissance varient selon les pays en fonction du degré de leur vulnérabilité et de leur capacité à faire face aux turbulences qui touchent toutes les économies de par le monde. Ces dernières ont déjà commencé à produire leurs effets, plus particulièrement, chez nos principaux partenaires comme la France, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. L’ampleur de la détérioration subie par ces économies est de nature à instaurer un contexte plus incertain pour le commerce international dont la croissance en 2009 serait négative de l’ordre de 2,1%
Cette dégradation de la conjoncture a fortement pesé sur l’évolution des prix des matières premières. La flambée, intervenue dans les prix du pétrole brut, dans ceux des matières premières et des produits alimentaires entre 2006 et le milieu de 2008, commence à se dissiper progressivement. Un retournement de tendance est entrain même de se dessiner. Combiné à la lourdeur de la conjoncture, cet apaisement des prix va atténuer les tensions inflationnistes. En 2009, l’inflation dans les pays avancés serait contenue autour de 1,5%. Cette situation, conjuguée aux baisses des taux directeurs, est de nature à stimuler l’activité via une stimulation de la demande. La relance de cette dernière, en particulier sa composante consommation des ménages, reste tributaire de la confiance quant à la durée de ces médiocres perspectives annoncées.
Il apparaît clairement à travers ces perspectives le caractère incertain de l’évolution des différentes économies à travers le monde. De nombreuses réformes sont envisagées et plusieurs stratégies de sortie de crise sont élaborées. Le Maroc se doit de se préparer pour éviter, sinon d’amortir autant que possible, les retombées négatives de la mauvaise conjoncture mondiale actuelle et faire face aux changements que cette crise impose.