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Cycle des affaires. Quelle dynamique de relance ?

Le CMC a pu créer un débat fort intéressant sur le cycle des affaires au Maroc. Le séminaire organisé par l’observatoire économique en partenariat avec l’Institut CDG, ce 26 mars 2008 a permis de réunir institutionnels, représentants de fédérations professionnels, entrepreneurs, universitaires, analystes financiers et journalistes. Et pour cause le débat vient à un moment crucial. Le dialogue social fortement attendu le 1er mai prochain rappelle les attentes des syndicats portant la voie en partie d’une couche sociale dont le pouvoir d’achat se trouve de plus en plus réduit.

D’emblée, le thème «Cycle des affaires: Quelle dynamique de relance? met sur le tapis un dossier bien sensible.

 

Cadre de réflexion 

 

«Nous nous sommes penchés sur le diagnostic de la conjoncture où les avis ont été bien souvent divergents et souvent même difficile à déceler compte tenu des impacts internationaux. En fait, l’objectif aujourd’hui, à travers cette rencontre est d’analyser les écarts entre la croissance potentielle et la croissance effective ». M Habib El Malki, président du CMC introduira ainsi le débat.

 

En clair, la contribution de l’équipe scientifique de l’entité aura pour objectif de lancer le débat au devant de la scène nationale.

Fondamentalement, quatre points de réflexions ont été retenus.

Le premier serait que «la mondialisation pêche par ses excès et sa brutalité». Partant de là, la question est de savoir s’il faut mettre en place des garde-fous permettant une économie plus stable et plus transparente. Cette hypothèse ramènerait à un Etat stabilisateur. L’Etat devrait stabiliser avec la mise en place de garde-fous. Mais les définir représente toute la problématique.

 

La croissance économique représente le second sujet de réflexion abordé lors de cette journée. C’est un fait : le taux de +4,5% demeure toujours en deçà des objectifs. En clair, la base sociale de la croissance demeure fragile. Et la classe moyenne est touchée par une inflation due à la hausse des prix de certains produits de base.

Troisième sujet de réflexion : la compétitivité. La formation, l’encadrement et l’intégration des nouvelles technologies de l’information représentant les ingrédients nécessaires pour asseoir une économie compétitive.

 

Enfin, le quatrième point renvoie aux politiques sectorielles mises en place. Bien que l’initiative est louable, une analyse rapide révèle que ces politiques ne s’inscrivent pas dans une stratégie globale et risquent donc ne pas donner les résultats attendus.

Cette réflexion a été induite par un état des lieux largement affecté par la conjoncture internationale.  

 

Un environnement international loin d’être favorable

 

La crise que traverse les Etats-Unis impacte négativement les marchés financiers. Les ménages sont ruinés. En Europe, les mêmes tendances commencent à se faire sentir. Il faut reconnaître que la BCE est en train de réfléchir sur des solutions rapides pour résorber la crise. L’euro a atteint un nouveau record historique. Toujours est il que la zone euro connaît des taux de croissance porteur. Au final, l’envolée des prix des matières premières (pétrole, produits d’origine agricole…) ne peut qu’avoir des effets négatifs sur l’économie marocaine. Les donnes changent. Les bases sur lesquelles les prévisions avaient été établies également. Des incertitudes persistent.  La consommation des ménages dépendrait de l’accroissement des revenus agricoles, de la consolidation des crédits à la consommation et des transferts de MRE à l’étranger….

 

L’année 2007 a été marquée par un net recul de l’activité économique. La tendance de l’année en cours poursuivant le même trend. Selon les intervenants, « les pronostics les plus optimistes basés notamment sur un redressement des activités agricoles ne permettent pas d’envisager une véritable inflexion du cycle conjoncturel. L’essentiel de la croissance projeté pour l’exercice en cours et dont le taux varierait, en toute probabilité dans une fourchette de 5 à 5,5% ne constituerait qu’un rattrapage après le ralentissement brutal de l’activité en 2007 ».

 

En clair, l’intervention de Larbi Jaidi, économiste et membre du CMC démontre que « les sous jacents pour l’économie marocaine sont ambivalents ». Si en effet les entreprises laissent présager une bonne situation des entreprises et d’un marché financier liquide, l’impact de l’environnement international est à craindre de plus en plus. Si l’inflation continue à être en partie contenue par la caisse de compensation, sa prise en charge demeure en elle-même problématique pour l’ensemble des équilibres macro économiques. Cerise sur le gâteau, le déficit commercial se creuse. Le taux de couverture s’est en effet dégradé et se retrouve en deçà des 52%.

 

Le point de vue de My Hafid El Alamy président de la CGEM rejoint celui des économistes du CMC. « L’année 2007 a accusé un recul par rapport à l’année 2006. Celle en cours semblait suivre le même trend que l’an antérieur sauf que la pluviométrie pourrait changer favorablement les donnes. Il faut relever toutefois que malgré la série des réformes menées, leur impact sur la croissance économique demeure faible». Un complément d’informations fort intéressant de la part du patron des patrons…

 

Bref, face à un contexte d’un Maroc en évolution et porteur de méga projets, la question est de savoir si le passé ne doit pas être considéré comme un passé lointain. L’interrogation posée par My Hafid El Alamy se justifie à plus d’un titre dans le sens où le Maroc risque d’être victime de son propre succès. Car les mégaprojets lancés tant dans l’off shoring que dans le tourisme ou dans d’autres secteurs porteurs butent sur une ressource humaine, bien souvent inadaptée.

 

Des défis importants restent donc à lever. C’est un fait : l’objectif premier de compétitivité revient sur toutes les bouches. Sur celle de My Hafid El Alami aussi. C’est la priorité première du secteur privé. 

La complexité demeure donc dans l’accessibilité de la compétitivité tout en améliorant le pouvoir d’achat du citoyen marocain et l’emploi…

 

Des options pour démarrer la relance économique

 

Compte tenu de la cyclicité de l’économie marocaine commentée par l’économiste M’hammed Tahraoui, membre du CMC, il s’agir justement d’agir sur les écarts de telle sorte à anticiper les fluctuations notamment celles qui s’inscrivent à la baisse.

Les analyses de l’observatoire économique sont unanimes : la cyclicité se confirme. Et le positionnement aujourd’hui est justement un repli. La question est donc de savoir comment préserver les acquis et trouver des explications aux fluctuations pour y remédier.

 

Les facteurs sont nombreux. L’environnement marqué par une libéralisation des marchés justifie en grande partie ces variations. Les incidences de la conjoncture internationale sur l’économie nationale ne sont plus à démontrer. D’un autre côté, le choc entre la demande de l’investissement et la demande extérieure provoquerait certaines fluctuations.

Les stabilisateurs existent dans certaines économies. Et selon les pronostics établis par le CMC, le retournement de l’économie marocaine serait du en large partie à la baisse de consommation des ménages compte tenu de la tendance à la détérioration du pouvoir d’achat.

En revanche, les investissements qui suivent un trend haussier contribueraient à faire emprunter à l’économie nationale des fluctuations ascendantes.

 

Toujours est il que la gestion des salaires, des niveaux des prix et de la productivité n’est pas simple. Il s’agit de trouver une politique de telle sorte à préserver une cohérence entre ces trois paramètres.

Partant de la première, l’une des options de relance de l’économie nationale proposées par el CMC est celle de la révision des salaires. Soutenir le pouvoir d’achat contribuerait à relancer l’économie nationale.

 

La seconde retient le soulagement fiscal. Baisser la TVA de 2 voire 3 points à titre exploratoire permettrait de mesurer les effets sur l’économie marocaine. Pour l’économiste, cette mesure devrait donner un effet appréciable au PIB.

Enfin, la troisième option renvoie à la hausse de l’investissement public. Son effet est double. Elle devrait entraîner non seulement un accroissement sur la demande mais également sur la productivité.

A la lumière de cette série d’exposés, la réaction du gouvernement est largement attendue. Trouver les meilleurs dosages ne représente pas l’exercice le plus simple. Reste que les enjeux sont énormes. Le dialogue social programmé le 1er mai rappelle cette réalité…

 

Le débat soulevé par le CMC a permis également de soulever des points divergents avec la position de la Banque Centrale du Maroc. Pour son représentant, Karim El Aynaoui, directeur des Etudes et des Relations Internationales, « le Maroc comparativement à d’autres pays notamment ceux de l’Amérique latine est au contraire un pays très peu inflationniste. Pour ce qui est des réformes, le pays a toujours entrepris des démarches dans ce sens de manière très lente. C’est endogène. (…) Le débat de relance économique ne se pose pas puisque l’économie marocaine adopte un trend haussier régulier ».

Les réflexions et les avis des professionnels demeurent édifiants aussi et ce à plusieurs niveaux. Au gouvernement de décrypter les unes et les autres et en tenir compte lors des prochaines résolutions gouvernementales. Le débat reste ouvert.

      


 CMC_admin
Date : 2008-03-27
Consulté: 407 Fois

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