Charaf Corporation vient de faire l’acquisition de 86,6% du capital de la société Fertima. Le rapprochement est stratégique puisqu’il vise à vulgariser l’utilisation des engrais auprès des agriculteurs marocains. Les constats sont clairs : au-delà des aléas climatiques, l’appauvrissement des terres agricoles est également inhérente à la non utilisation des engrais et fertilisants. Les chiffres en attestent: la consommation des engrais s’établit à 950.000 tonnes par an, soit un tiers des besoins estimés par la FAO (2,5 millions de tonnes).
Autrement dit, le secteur qui a opéré sa libéralisation depuis déjà une vingtaine d’années n’a pas progressé d’un iota. Seules les 51,4% des exploitations agricoles font appel à la fertilisation. Les petites et moyennes exploitations agricoles représentant les 70% des domaines de terres labourées n’ont pas recours ou presque pas aux engrais. Face à l’agriculture traditionnelle prédominante, ce sont à peine 7% des exploitations de grands domaines qui se positionnent sur une agriculture moderne faisant appel aux techniques modernes et donc à l’utilisation d’engrais et de fertilisants.
Bref, la problématique est réelle. Le gouvernement représenté sur ce dossier par Aziz Akhennouch devra rapidement trouver des solutions globales pour une modernisation de l’agriculture au Maroc.
A l’échelle de l’entreprise, l’alliance stratégique entre l’ex-filiale de l’OCP et Charaf Corporation devrait permettre aux revendeurs, situés sur l’ensemble du territoire national d’accéder aux produits tels que les engrais et les fertilisants.
Objectif premier : rentabiliser les rendements justement à travers leur utilisation.
La démarche est en cours du ministère. Car il s’agit de mettre les œufs dans le même panier face à une mauvaise distribution des engrais à travers le territoire national.
De son côté, Charaf Corporation qui vient d’acquérir en quasi partie l’entreprise Fertima a déjà établie son business plan. Il se base essentiellement sur la complémentarité des sociétés. L’une, en l’occurrence, Charaf Corporation servait les grands domaines. La seconde concentrait ses efforts sur le segment des petits agriculteurs. Aujourd’hui, l’alliance devra permettre de créer des synergies entre les deux entités de telle sorte à réaliser des économies d’échelle. Car c’est un fait : le secteur des fertilisants absorbe des coûts de logistique à la tonne importants. D’une pierre deux coups, l’amélioration de la compétitivité devra permettre de hisser le nouveau groupe sur le marché international. En terme de recherches et investissements (R&D), l’alliance vise également à développer de nouvelles formules d’engrais selon les cultures et les sols par région.
Tout un programme… Le ministère devra donner un coup de pouce pour généraliser rapidement l’utilisation des engrais au Maroc. Il en va du niveau de productivité des cultures. En clair, la logique mondiale de gestion des risques de pénurie devra être adoptée sans plus tarder par le Maroc. Ce n’est que de cette manière que les équilibres économiques seront préservés.