Les analystes financiers sont unanimes : après la baisse fulgurante des indices boursiers, la prudence est fortement recommandée. Les corrections apportées sur les principales valeurs boursières devraient permettre à terme une stabilisation de la Bourse de Casablanca, incitant l’entrée en scène du petit porteur. Objectif : redynamisation de l’appareil boursier.
La forte chute des indices Masi et Madex dépassant les 34%, il y a deux semaines était pressentis par les spécialistes de la Bourse. L’année dernière, à la même période, le comportement de la place boursière casablancaise avait subi des baisses significatives suite à des performances exceptionnelles.
De même que l’année précédente, la situation ne pouvait durer en effet indéfiniment surtout quand certaines valeurs bancaires ont franchi le seuil des 3000 DHS.
Les analystes d’Attijari Intermédiation ont d’ailleurs avancé à ce titre que «les actions représentant les banques marocaines sont devenues trop chères et devaient subir des corrections de 35% ». Leur recommandation à la vente ne pourra s’effectuer qu’après un réajustement, corrélé avec la réalité de l’activité, proprement dite.
C’est ainsi que la valeur BCP affiche une décote théorique de 15,3%. Les analystes de BMCE Capital la recommandent, d’ailleurs, à l’achat après avoir fixé son cours à 2700 DHS à moyen et long terme. Dans son business unit, le groupe BCP table sur un PNB consolidé de 1,3 MMDH. Bref, l’opportunité est dans le placement.
Différente dans le comportement, l’action CIH qui affiche une surcote de 24,3% est recommandée à la vente. C’est un fait : la filiale de commune de l’Ecureuil français et la CDG est parvenue à redresser la barre en 2006. L’encours net des crédits octroyés à la clientèle a augmenté de 5,3% passant de 15,8 MMDH à 16,6 MMDH. Le dernier conseil d’administration de la banque a retenu par ailleurs un renforcement du rôle du CIH dans son métier premier qui est l’immobilier. Si management de la société retient dans son projet industriel arrêté à 2012 cette décision, aucune mesure concrète n’a été avancée. Les orientations stratégiques de la banque demeurant fortement liée à sa restructuration et sa recapitalisation. L’insuffisance des fonds propres en 2007 a été en effet estimée par les mêmes analystes financiers à près de 300 MDH… Leur valorisation théorique unitaire à 470 DH, bien en deçà du cours actuel confirme bien la recommandation des analystes.
A contrario, l’action d’Attijariwafa Bank a été recommandée à l’achat. Les performances de la banque ont été en effet confirmées sur la base des activités du groupe et de ses perspectives de conquêtes de nouveaux marchés notamment en Tunisie et au Sénégal. L’étude de BMCE Capital avance « une croissance du PNB Consolidé de près de 15% à 7,8 MMDH». A cours de référence 2620 DHS -semaine dernière-, la valeur de l’action cours devrait en effet grimper entre les 9 et 12 prochains mois à 3020 DHS.
C’est dans le domaine de l’assurance, à travers la valeur de Wafa Assurance où les évaluations se sont révélées les plus fidèles. Le titre de la compagnie d’assurances au cours de 1911 DHS devrait se comporter de manière stable durant l’année 2007. Avec une
croissance de 45% de son chiffre d’affaires 2006 par rapport à l’année précédente, Wafa Assurance est désormais troisième de sa catégorie. Ses performances l’attestent : 1,2 MMDH de primes de vie (soit plus du double de l’année dernière), rapatriement de 23000 contrats logés avant chez Axa Assurances, agressivité commerciale…. Son cœur d’activité sera toujours centré autour de la branche automobile et vie, ce qui lui confère une stabilité dans ses axes de développement. Par ailleurs, sa stratégie de conquête de marché a dépassé les frontières marocaines par l’acquisition de compagnies d’assurances au Maghreb et en Afrique Subsaharienne.
C’est au terme de ces données que les analystes de BMCE Capital tablent « sur une croissance du chiffre d’affaires de l’ordre de 35% soit 3,2 MMDH en 2007 pour une capacité bénéficiaire en hausse de 18,5% à 372 MDH ». Le cours est donc maintenu pour une valeur plutôt sûre.
Dans le secteur de la cimenterie, le cours actuel de Sonasid offre une décote théorique de l’ordre de 12%. Après la baisse de 15,3% du titre, ce dernier devient attractif. Les recommandations des analystes de BMCE Capital convergent d’ailleurs dans ce sens.
L’étude réalisée dernièrement leur a permis de conclure en effet sur le fait que les valeurs cotées dans le secteur étaient élevées.
Le boom du secteur des Bâtiment et Travaux Publics, entretenu par les chantiers lancés à travers l’ensemble du territoire national, devrait selon ces mêmes experts conférer à l’action Sonasid un niveau de rentabilité croissant sur toute l’année 2007. « Sonasid prévoit d’accroître ses volumes de ventes de 5% à 15% au cours de cette année et d’augmenter ses tarifs de vente en cours de l’année ». Les analystes de BMCE Capital tablent, en effet, sur une croissance du chiffre d’affaires de la société Sonasid de l’ordre de 17,4% soit 6659,7 MDH. De même, le résultat d’exploitation devrait s’établir à 1061,6 MDH soit 7,8% de plus que l’année dernière.
Au final et compte tenu également des prises de bénéfices, la chute des indices boursiers jugée, certes brutale paraissait inévitable. La correction est jugée même « salutaire » puisqu’elle permet de rendre les cours des sociétés à des niveaux plus proches de leurs véritables valeurs et encourager ainsi à l’achat.
Pour l’heure, petits porteurs et analystes sont unanimes: le marché boursier est incertain et rien ne peut confirmer si la crise est passée ou pas. Et c’est dans ce sens que les analystes recommandent la prudence en attendant la stabilité du marché. Une lueur d’espoir toutefois pour une reprise prochaine avec l’affiche de l’indice Masi à la clôture de la journée du mercredi dernier à 3,4%...