C’est fait : l’Etat vient de recevoir le chèque de 2,25 MMDH contre la cession de la Comanav à l’opérateur français CMA-CGM. C’était le 28 mai à Rabat et Fathallah Oualalou, ministre des finances et de la privatisation présidait la cérémonie…
Le capital de la compagnie marocaine de navigation (COMANAV) était détenu à 99,49% par l’Etat, l’OCP, l’OCE, Fipar Holding et Finance.com. A l’issue de cette transaction d’une importance très significative dans le budget de l’Etat, le groupe adjudicataire français qui se trouve à la tête de la compagnie est attendu dans un développement précis. Notamment dans la diversification des activités de l’entité pour ne citer que le transport des passagers et des opérations portuaires. L’enjeu étant lié au renforcement de la position de la compagnie au sein du bassin méditerranéen. Face à la libéralisation induisant la compétitivité, l’ouverture du capital se préparait depuis déjà quelques années. C’était en 2004, date à laquelle, en effet, la Comanav figurait sur les listes des sociétés privatisables… En 2007, l’appel d’offres annonçait 13 opérateurs en compétition, parmi eux, le groupe saoudien (Saoudy maritime CO for Navigation). Le 29 mars dernier, l’adjudicataire retenu fut annoncé.
Le groupe français présidé par Jacques Saadé a mis le paquet : 50 MDH de plus que les autres candidats.
La compagnie qui compte plus de 1000 salariés et qui a réalisé plus de 1500 MDH de chiffre d’affaires en 2005 est revenue de loin.
L’année 2001 avait été en effet marquée par une situation de fonds propres négative. La recapitalisation a démarré juste après entre les années 2002 et 2003. Parallèlement, le management adopté recentre la compagnie vers ses métiers de base. L’attribution de Tanger Med a également largement influencé les orientations stratégiques de la compagnie…
Preuve en est: la mise à niveau de l’établissement.
C’est qu’il fallait renouveler la flotte entre autre avant de pouvoir penser à une quelconque ouverture de capital… S’en est suivi la restructuration financière. Dans la foulée, l’attribution de la concession au port de Casablanca…
L’adossement actuel au troisième opérateur maritime mondial représente une bouffée d’oxygène certaine. Les responsables du dossier l’ont bien compris puisque la privatisation de la Comanav s’est effectuée en 14 mois soit la plus rapide d’entre les institutions qui l’ont précédé dans le processus.
Le nouvel actionnaire offre plusieurs avantages : mutualisation des réseaux de vente en Europe et au Maroc, transfert de know how, gestion technique des bateaux conforme aux normes internationales. Ce sont tous ces paramètres qui ont motivé la privatisation de la compagnie. Sur le plan financier, les capacités financières seront autres. Et pour cause, le mastodonte français brasse pas moins de 7 milliards d’euros en terme de chiffre d’affaires. Sa flotte de 332 navires, ses 17 terminaux portuaires en gestion, ses 14 filiales et ses 11500 personnes sous ses commandes le démontrent.
Son appétit s’est déclaré depuis déjà deux ans avec l’achat de Dextra Maghreb, Dextramar, Delmas et Sud Cargo. Avec l’acquisition de la Comanav qui elle-même vient d’absorber ses filiales Lidamet et Sodep, CMA-CGM diversifient ses opportunités de développement.