La crise financière mondiale est en train d’engendrer une crise profonde de l’économie et de l’emploi au niveau mondial. Les dernières prévisions du Fonds Monétaire International annoncent un recul du PIB mondial de 1,3% et un effondrement de 11% des échanges mondiaux cette année. Cette conjoncture économique se répercute sur l’emploi et les niveaux de vie de manière spectaculaire : les pertes d’emplois se comptent par millions et les taux de chômage connaissent une hausse vertigineuse ans les pays développés alors que la pauvreté s’aggrave dans les pays en développement. Après quatre années consécutives de baisse, le taux de chômage mondial a connu une augmentation à 6% en 2008 contre 5,7% en 2007, soit 10,7 millions de personnes supplémentaires sans travail.
Concernant les pays en développement, la crise financière se transmet par la voie de plusieurs canaux dont l’assèchement des liquidités qui bloque l’investissement, le ralentissement du commerce international et des transferts des migrants. L’impact conjugué de ces chocs sera considérable sur les économies, l’emploi, les revenus mais aussi dans les domaines de la santé et de l’éducation dans les pays en développement. Les estimations les plus récentes prévoient que la croissance ralentira pour atteindre 2,1% en 2009 contre 5,8% en 2008 dans les PED qui devraient également souffrir d’une réduction e 5 à 8% des envois de fonds selon la Banque Mondiale. Dans les pays à faible revenu, la malnutrition et la déscolarisation devraient augmenter et impacter négativement le niveau de développement humain sur plusieurs années. Au Maroc, même si des statistiques officielles sur les effets de la crise sur le marché du travail ne sont pas encore disponibles, des indices signalent déjà l’ampleur de l’impact. Le textile connaît des fermetures d’usine et perd des emplois par milliers, le chiffre d’affaires de l’industrie automobile a déjà considérablement baissé, l’artisanat et le tourisme subissent de plein fouet la contraction de la consommation des pays développés et les transferts de fonds des migrants connaissent une baisse considérable.
Selon le Bureau International du Travail, le nombre de chômeurs dans le monde pourrait augmenter de 18 à 30 millions, voire même de 51 millions en 2009 en fonction de l’évolution de la situation économique mondiale et de l’intensité de son impact sur l’emploi.