L’enquête effectuée par le CMC s’inscrit dans le cadre des efforts entrepris au plan national pour suivre des développements conjoncturels dans ce contexte de crise et apporter un éclairage sur la situation actuelle et les évolutions attendues dans les mois à venir à travers les avis recueillis auprès des opérateurs.
Le premier enseignement qui ressort de cette investigation statistique est que les effets de la crise se sont amplifiés depuis le début de l’année avec la détérioration des activités dans les principaux secteurs de production. Plus du quart des opérateurs enquêtés estiment que leur niveau de production s’est réduit d’au moins 20% depuis le déclenchement de la crise contre 19% qui déclarent une perte de production se situant entre 10 et 20% durant la même période. La grande majorité des opérateurs interrogés (plus de 80%) attribuent la détérioration de la situation de leurs entreprises d’une telle ampleur à la crise de l’économie mondiale. La baisse de la demande adressée aux entreprises constitue pour 57% des opinions recueillies la principale cause de la dégradation de la conjoncture économique. Des facteurs comme la baisse des prix des produits, l’assèchement de la trésorerie des entreprises et les difficultés d’accès aux crédits sont aussi cités comme éléments ayant contribué à amplifier les répercussions de la crise.
Dans leurs efforts à faire face à ce choc externe majeur, les entreprises ont recouru à différents moyens pour en atténuer les effets et maintenir leur niveau d’activité. On relève ainsi que 35% des entreprises interrogées ont privilégié la réduction des coûts de production, 25% ont opté pour les facilités de crédit pour la clientèle et 14% ont préféré lancer de nouveaux produits pour faire face au tassement de la demande. Estimant dans leur grande majorité que la crise n’est pas passagère et qu’elle risque de durer au-delà de 2010, les opérateurs envisagent, pour les douze mois à venir, des action en profondeur pour redresser la situation de leurs entreprises à travers l’amélioration des performances (25% des réponses), la recherche de nouvelles opportunités de marché (23% des réponses), la restructuration de leurs activités (22% des réponses) ou encore la sécurisation de leurs actifs (12% des réponses).
S’agissant des prévisions pour la fin de l’exercice en cours, les activités de production seront en nette baisse pour près de 42% des opérateurs interrogés contre 36% qui s’attendent à une faible amélioration. Les pronostics de croissance pour l’économie nationale sont aussi assez contrastés. Les chefs d’entreprises estiment dans une proportion avoisinant 30% que le rythme de croissance baisserait en 2009 contre 54% pour une faible augmentation. L’année 2010 devrait observer pour près de 40% des opérateurs interrogés la même tendance qu’en 2009 avec la persistance des difficultés au plan de la demande externe. Les facteurs d’inquiétude les plus évoqués à ce propos sont pour 50% des réponses la morosité de la conjoncture internationale, pour 19% des réponses la faible soutien de l’Etat dans ce contexte difficile et pour 7% les difficultés d’accès au crédit.
Les actions envisagées par les opérateurs pour faire face à de telles perspectives portent en premier sur la maitrise des dépenses. Près de 44% des opérateurs interrogés ont retenu la réduction des dépenses comme première mesure à prendre pour pouvoir résister au choc de la conjoncture internationale. La deuxième mesure évoquée par 23% des opérateurs porte sur la restructuration de l’activité pour l’adapter au nouveau contexte international. Le reste des actions envisagées par des proportions relativement réduites parmi les opérateurs concernant la limitation des capacités de production, la réduction des effectifs de personnels ou encore la baisse des horaires de travail. La réduction des effectifs et/ou des horaires de travail est évoquée par 31% des entreprises interrogées. Ce résultat à lui seul donne toute la mesure de l’ampleur des répercussions de la crise telle qu’elle est perçue actuellement par les opérateurs. C’est justement cette perception empreinte d’incertitudes quant aux évolutions dans les mois à venir qui les a amenés à juger dans une forte proportion (plus de 83%) que les mesures initiées par le gouvernement demeurent notoirement insuffisantes pour faire face au véritable défi de la crise.