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L'impact de la crise sur les transferts des migrants

Dans l’environnement actuel de crise financière, la hausse des transferts d’argent des migrants observée ces dernières années pourrait se ralentir et nuire à la croissance des pays en développement. En effet, ces transferts représentent une source financière importante de devises et contribuent de façon significative au PIB des pays du Sud.

 

Alors qu’au cours de la dernière décennie, ces transferts avaient triplé pour atteindre 300 milliards de dollars en 2006, dont 31 milliards dans la région méditerranéenne. Selon les dernières estimations de la Banque Mondiale, les transferts de fonds des migrants vont baisser de 5 à 8% en 2009. La réduction de ces transferts serait comprise entre 5 et 10% en 2009 pour la Tunisie, l’Egypte, le Liban, la Jordanie et le Maroc. Et les balances extérieures du Liban et de la Jordanie seraient les plus susceptibles d’être affectées par un reflux, tandis que celles du Maroc, d’Egypte et de Tunisie seraient relativement moins exposées.

 

De plus, les transferts des migrants  représentant 5% du PIB en Tunisie et en Egypte, 9% au Maroc et plus de 20% pour le Liban et que du fait de la crise, les migrants vont probablement transférer moins d’argent dans leur pays d’origine. Des pays comme le Maroc et la Tunisie qui sont directement tributaires de la situation de la zone euro alors que l’Egypte et la Jordanie dépendent de la région du golfe, que l’on suppose mieux armée pour faire face à la crise, vont pâtir directement de la situation du marché du travail des immigrés de la zone euro qui seront plus affectés que les autres par la crise ; en effet, ils sont les premiers pénalisés par la dégradation de la situation du marché du travail.

 

Il est donc indéniable que l’évolution des flux financiers générés par l’émigration a été sensiblement affectée par la crise financière internationale et ses conséquences sur la croissance, les revenus et l’emploi dans les pays d’accueil. Les données sur le volume des transferts ont en effet accusé un léger repli estimé à 3,6% au terme de l’année 2008. Cette tendance semble se confirmer pour l’exercice en cours avec une baisse du montant des transferts de 12,1% sur la période couvrant les sept premiers mois de l’année.

 

Cependant, les flux financiers de l’émigration devront renouer avec la croissance avec un taux de progression comparable à celui de l’activité économique dans les pays d’accueil, soit entre 2 et 3% en moyenne.


 CMC_Malika
Date : 2009-10-26
Consulté: 1450 Fois

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