Le déficit commercial s’est aggravé de 35,5% à la fin des quatre premiers mois de l’année en cours. Les faits sont têtus : les exportations qui avoisinent les 37,3 milliards de DH à fin avril stagnent. Elles se situaient pratiquement au même niveau une année avant, à la même période (37,54 milliards de DH).
Si le chiffre d’affaires de phosphates et dérivés a connu une légère augmentation (2,7% soit 158,4MDH), celles-ci ne participent qu’à hauteur de 16,2%. Les exportations totales ont perdu quelques points pour passer de 31,62 milliards de DH à fin avril 2006 à 31,55 milliards de DH cette année, au cours du même mois.
Les détails de la direction de la statistique démontrent là où le bas blesse. Le ralentissement est dû à plusieurs familles de produits. Produits alimentaires, semi produits alimentaires, produits bruts d’origine animale et végétale, produits énergétiques; les contre performances se sont situées à bien des niveaux d’activités.
Bref, ces donnes viennent corroborer le dernier chiffre publié par le CMC sur des prévisions de la croissance économique pour l’année 2007 se situant à peine à 0 ,4%.
Les produits alimentaires qui ont contribué l’année dernière à 22,3% des exportations, ont perdu des points avec 20,7% pour la même période, cette année…
Les produits non alimentaires ont reculé de 4,7%. Les ventes énergétiques ont régressé de 32,1% soit 245 MDH de moins qu’au mois d’avril 2006.
En revanche, les exportations des biens d’équipement ont progressé de 21,9% soit 746,1 MDH. Celles liées aux produits finis ont évolué favorablement à hauteur de +6% (+654,8MDH). C’est le secteur du textile à travers sa filière bonneterie, vêtements confectionnés et l’industrie de la chaussure qui tirent vers le haut les ventes à l’international.
Ceci ne permettra pas pour autant de maintenir la balance commerciale au vert.
Son déséquilibre se justifiant par un trend haussier des importations. Selon la même direction, ces volumes ont atteint, le mois d’avril dernier, 73,78 milliards de dirhams contre 64,23 milliards de dirhams lors de l’année 2006. Si, en effet, l’importation du pétrole brut a reculé de 3,6% à la fin du mois d’avril 2007, il n’en demeure pas moins que les importations hors pétrole ont connu une augmentation de 17,1%.
D’une pierre deux coups, la reprise de l’inflation s’explique aisément…. La reprise de l’économie nationale se trouve aujourd’hui fortement «chahutée» par des facteurs exogènes comme des malaises sociaux, une hausse de denrée alimentaire de première nécessité comme l’huile. La création de la valeur ajoutée et celle relative à l’emploi sont, d’ailleurs, attendues à travers les chantiers nouvellement amorcés … Les résultats de la mise en route du programme Emergence le sont également. Reste que la PME ne doit pas être exclue d’une telle démarche. Car rappelons le tissu industriel est constitué de près de 90% de ce type de société. Les enjeux sont clairs. La sonnette d’alarme devrait être tirée sans plus tarder…