Trois scénarii ont été présentés en projection du facteur énergie au Maroc, à l’horizon 2030. Organisée par le Haut Commissariat au Plan (HCP), la réunion qui s’est tenue le vendredi dernier a permis une fois encore de mettre sur le tapis le dossier de l’énergie qui a fait la une médiatique de plusieurs journaux. Le prêt accordé par la Banque Mondiale et qui s’élève à 100 millions dollars vient confirmer l’importance du sujet. Qu’il s’agisse sur les plans sécuritaire ou socio économiques, les projections vers les prochaines décennies sont nécessaires pour engager un processus durable en matière de gestion des énergies renouvelables…
Le premier scénario avancé par Ahmed Lahlimi, haut commissaire au Plan met en exergue un taux de satisfaction énergétique en dessous des niveaux enregistrés en Europe. Le second qui retient une démarche « volontariste » en matière énergétique prend en compte la mobilisation des investissements en matière d’énergie nucléaire dans un environnement où le cours du baril de pétrole et le prix du gaz continuent leur ascension vertigineuse.
Cette seconde approche devrait permettre à terme d’assurer la compétitivité recherchée par les industriels marocains. Le coût de l’énergie grevant d’une manière importante le prix de revient de certains produits. Dans le textile, le facteur «électricité», pour rappel, avait été cité, à plusieurs reprises, lors des négociations des différents accords de libre échange, signés entre le Maroc et ses partenaires. Ce frein avait aussi représenté un certain déclic, annonçant une politique énergétique accompagnant le programme Emergence. Toujours en gestation ou en attente de véritables réformes, cette stratégie est aujourd’hui fortement attendue au sein des mondes des affaires.
Les enjeux sont certains.
D’ailleurs, le troisième scénario prêche un développement d’un secteur énergétique dans le cadre du partenariat avec l’Union Européenne en passant par la remise en marche des relations économiques avec le Maghreb.
Cette approche devrait si elle est retenue contribuer à l’accroissement d’un PIB à plus de 6% accompagné d’une croissance annuelle de l’énergie primaire de 9,6%. Ces derniers pronostics devraient alors ramener aux horizons 2030 la consommation énergétique à 120 millions de TEP (tonne équivalent pétrole).
Autrement dit, le pari sera de trouver la meilleure formule avec les meilleurs ingrédients pour permettre au Maroc d’assurer sa production énergétique en baissant progressivement sa dépendance par rapport à cette matière première.
Une étude entreprise par le Centre Marocain de Conjoncture en avait déjà révélée l’urgence…