Longtemps relégué derrière des secteurs phares comme le textile et le tourisme, l’artisanat semble reprendre du poil de la bête. C’est le 20 février dernier que ce domaine d’activité a obtenu son contrat programme. Il retient comme échéance 2015.
C’est un fait. Le secteur recèle d’opportunités aussi bien localement qu’à l’export. Ses responsables tablent sur 24 MMDH de recettes d’ici le deadline. Pour y arriver, un budget de l’ordre de 2,8 MMDH a été mis à contribution pour la période allant de 2008 à 2015.
Le mécanisme devra être enclenché à partir de la sélection d’entreprises prises comme locomotive du secteur. Pour rappel, la sélection a eu lieu le mois d’avril dernier. Dans le palmarès final, sept sociétés et consortiums ont été retenus pour servir de coach au reste du secteur. Il s’agit de Diverscam, Maison Méditerranéenne, Majka, Mocary, Meublatiss, Le consortium Maroc Souvenirs et My Artisanales et enfin le consortium Dolidol et Layalits.
Alors que la balance commerciale est passée au rouge, au cœur de la stratégie dédiée à ce secteur, bat la volonté d’accroître les volumes d’exportation. Cinq pays ont été identifiés comme porteurs à savoir la France, l’Allemagne, Grande Bretagne, Italie et Espagne. D’ici 10 ans, les performances à l’exportation ont été fixées à 7 MMDH. Des réalisations effectuées avec les touristes; ce qui explique largement le trait d’union établi entre les deux secteurs. C’est d’ailleurs dans cette optique que la marque « Artisanat du Maroc » a été lancée en 2006. Adossée à la politique de communication réservée au secteur du tourisme, la promotion d’un tel label s’est vue renforcée.
Sur le plan purement marketing, la politique ministérielle intègre le volet promotionnel sous toutes ses coutures. Cette forme de soutien financier vise à la fois à soutenir l’image de l’entreprise exportatrice mais aussi le produit artisanal marocain dans l’absolu.
Mais les attentes quant à la mise en œuvre du contrat programme se situent à plusieurs niveaux. Sur le plan social, c’est en effet la création de 115000 emplois qui est attendue. Les auteurs du plan d’actions ambitionnent également de voir le secteur de l’artisanat se développer par la création d’entreprise. 300 sociétés devront en principe voir le jour d’ici l’horizon 2015.
Il est clair que la mise en œuvre ne saurait être enclenchée que si la formation de la main d’œuvre accompagne la politique globale. Un aspect qui semble avoir été retenu puisque 60000 lauréats devraient être versés dans le secteur d’ici une dizaine d’années.