La crise financière qui s’est propagée à l’économie réelle a fortement influencé les choix des politiques budgétaires et monétaires des pays développés et émergents. Au registre des politiques budgétaires, l’expansion budgétaire a été plus prononcée. Les politiques monétaires expansionnistes ont été marquées par l’abaissement des taux directeurs à court terme par la plupart des banques centrales. Ces taux bas ont même été maintenus explicitement pour les engagements à long terme tant que des signes fermes de reprise ne se seraient pas manifestés. Cependant, si à court terme ces mesures qui ont été prises un peu partout dans le monde ont permis de juguler les effets de la crise et évité un crash et un effondrement de tout le système monétaire et financier tant au niveau national qu’international, elles ne permettraient aux différents pays, notamment à ceux dont l’économie joue le rôle de locomotive à l’échelle planétaire, de renouer avec la croissance qu’à plus longue échéance. Selon les estimations du FMI, la croissance mondiale devrait accuser une baisse en 2009 avant de renouer avec la croissance en 2010.
Pour les experts du CMC, le relèvement de l’économie nationale de la profonde et sérieuse tendance récessive s’est appuyé sur une forte hypothèse pariant sur la réussite des plans de relance sectoriels initiés par le gouvernement et sur une politique volontariste s’inscrivant dans le prolongement des importants chantiers lancés au cours des dernières années. Les grands axes de la loi de finances actuelle viennent de conforter les matériaux de base sur lesquels le CMC a fondé ses pronostics. Les dernières enquêtes de conjoncture font état d’une décrispation du climat des affaires et d’un regain de confiance chez les opérateurs. Mais les facteurs favorables retenus pour ce scénario ne devraient pas impacter d’une façon conséquente la croissance. En effet, la profonde récession entamée en 2007 va continuer, d’une manière mécanique, à peser sur le rythme de croissance et l’année 2010 verrait le taux d’accroissement en terme réels de l’économie marocaine se situer uniquement aux alentours de 3,2% et ce en dépit du comportement largement vigoureux annoncé pour le secteur agricole.