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Lettre du CMC n° 234- Mars 2012

Edito :
Vulnérabilité
 

 

La plupart des pays, du Sud comme du Nord, ont mis en place depuis une vingtaine d’années des politiques d’ouverture commerciale dont l’objectif était d’augmenter les volumes à l’export et d’accroître les parts de marché à l’international. L’arme des ALE a été souvent utilisée afin d’accroître les échanges commerciaux entre pays ou blocs de pays. L’objectif ultime était l’amélioration du bien être des populations à travers la création de richesse. Les chiffres disponibles révèlent à la fois l’ampleur mais aussi les limites du phénomène. Entre 1970 et 2007, les exportations mondiales ont progressé deux fois plus vite que la production, les entrées d’investissement direct étranger (IDE) environ cinq fois et les flux internationaux de capitaux douze fois plus vite. Cette formidable accélération doit beaucoup aux changements intervenus dans les infrastructures de la mondialisation : avènement de porte-conteneurs géants, développement du fret aérien, des nouvelles technologies de l’information. Tout ceci a eu pour effet de diminuer de manière notable les coûts du transport et de communication. 

 

La crise de 2008 a créé une situation inédite. Elle a montré tout à la fois l’intensité et la vulnérabilité de la mondialisation. La rapidité avec laquelle elle s’est diffusée a mis en évidence l’interdépendance des économies, tandis que les principaux indicateurs de la mondialisation s’effondraient avec une brutalité surprenante. Les exportations mondiales ont en effet chuté de 40% entre octobre 2008 et juin 2009. Les flux d’IDE ont quasiment diminué de moitié sur la même période. Le spectre de la crise des années 1930 a alors resurgi pour rappeler que le processus de mondialisation est réversible. De plus en plus de voix discordantes remettant en cause la mondialisation se sont élevées. Pourtant, le repli protectionniste redouté par certains n’a pas eu lieu. Dès 2010, les échanges commerciaux ont repris de plus belle, retrouvant leur niveau d’avant crise. Les flux internationaux de capitaux repartent également, quoiqu’à un rythme moyen plus modeste. Si la crise n’a pas détricoté la mondialisation, elle a contribué à déplacer son centre de gravité, au détriment des vieux pays industrialisés, notamment de l’Europe, vers les pays émergents. Désormais, 45% des exportations mondiales sont le fait des échanges sud-sud. La tendance est la même en ce qui concerne les IDE. Aussi, rien de tout cela n’accrédite la thèse d’une  « démondialisation » en marche, mais plutôt celle d’une marginalisation de l’Europe dans le jeu mondial.

Une telle situation soulève autant de question que la stabilité de l’ordre économique mondial reste menacée. En atteste l’enlisement des négociations internationales sur à peu près tous les sujets. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir, dans la mesure où l’hégémonie américaine décline, comment le système géopolitique va-t-il s’adapter à l’ascension de la Chine, de l’Inde et des autres géants du monde émergent ?

 

International :

Emploi dans le Monde

Contraintes multiples

 

La situation de l’emploi dans le monde est très inquiétante. Si le nombre de chômeurs a augmenté continuellement depuis le début de la crise, d’autres contraintes interviennent: le chômage de longue durée augmente considérablement poussant de plus en plus de chômeurs à quitter, découragés, le marché du travail et le chômage des jeunes prend des proportions inédites. Selon l’OIT, le risque de troubles sociaux s’accroît en Europe et dans la région Moyen Orient et Afrique Nord.

 

Dynamique économique :

Le Marché du Travail

Une insuffisante stimulation pour une faible mobilisation

 

Le marché du travail a toujours été le reflet des mutations, transformations et autres réformes qui impactent l'évolution économique et sociale d'un pays. Par le passé, il a subi de plein fouet les effets incommodants de l'ajustement structurel, qui se sont traduits par une détérioration des conditions d'emploi et de revenus, particulièrement pour les catégories d'actifs les moins protégés. Actuellement il subit les vicissitudes d'un faisceau de retournements de différente nature.

 

Perspectives sectorielles :

Agriculture

Vers un véritable développement du secteur agricole

 

Le Maroc dispose d’une superficie agricole utile de 8,7 millions d’hectares  consacrée pour l’essentiel aux cultures céréalières ce qui rend le secteur vulnérable aux chocs induits par les perturbations atmosphériques. Une diversification de sa production rendrait le secteur moins sensible à ces phénomènes et renforcerait davantage sa contribution à la formation de la richesse au niveau national. Dans cette perspective une stratégie ambitieuse a été mise en œuvre au cours de ces dernières années. Son objectif est de faire de l’activité agricole un véritable moteur de la croissance capable de faire face à la fois aux perturbations climatiques et aux défis imposés par les marchés et la lutte contre la pauvreté en particulier dans les zones rurales. Un secteur agricole pro-pauvre est largement souhaitable.

 

Entreprises & marchés  :

Conflits du Travail

Une barométrie en forte hausse

 

La conflictualité du travail a fortement augmenté en 2011,  à en juger par l’évolution des indicateurs ayant trait aussi bien aux conflits collectifs qu’à ceux à caractère individuel. Car non seulement la progression des grèves évitées est moindre comparativement aux évolutions observées en 2010, mais surtout le nombre de grèves déclenchées s’inscrit dans une véritable logique de rupture faisant de 2011 une année particulière. La même remarque vaut pour les conflits individuels car si leur nombre est en légère baisse, les autres indicateurs sont en aggravation.

 

Point de conjoncture :

Le Pouvoir d'Achat  

Quel financement de la solidarité sociale ?

 

Prévisions :

Dynamique de Croissance
Quelle incidence sur le niveau de vie et la répartition ?

 

L’amélioration du revenu moyen résultant du développement de l’activité ne bénéficie pas forcément de la même manière aux différentes catégories de population. Le processus de croissance comporte un biais de répartition plus ou moins important qui perpétue les inégalités et atténue l’impact sur la pauvreté. Au Maroc, les programmes de développement engagés depuis plus d’une décennie avec pour objectif l’accélération de la croissance et l’amélioration des conditions de vie ont contribué de façon sensible à l’atténuation d’un tel biais.     

 

 


 
Date : 2012-06-01
Consulté: 409 Fois

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