Le volume des échanges n’a cessé de progresser depuis une dizaine d’années au Maroc. La libéralisation des échanges et la baisse des tarifs douaniers sont en grande partie responsables de cette augmentation. Parallèlement à la mise en œuvre de ces engagements de l’OMC, des accords bilatéraux et régionaux ont été signés (ALE avec l’UE, Etats-Unis, Turquie, etc.). Cependant, on constate depuis quelques années un accroissement systématique du déficit commercial qui a atteint le niveau record de 138 milliards de DHS à fin septembre 2011. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce déficit. Premièrement, la dépendance croissante du Maroc en matière énergétique mais aussi alimentaire, en particulier pendant les années de sécheresse. La seconde raison tient au fléchissement de la demande extérieure exacerbé par la crise mondiale de 2008, sur le marché des exportations des produits manufacturés, et des produits agricoles à forte valeur ajoutée. Enfin, la dernière raison tient aux fortes fluctuations des prix des matières premières sur les marchés internationaux, essentiellement le prix du baril de pétrole qui alourdit fortement la facture énergétique du Maroc.
Afin de corriger ce déséquilibre et renforcer la compétitivité du Maroc à l’export, le gouvernement a mis en place en 2008 une stratégie de développement des exportations, Maroc Export Plus. Malgré son caractère volontariste, cette stratégie n’a pas encore donné la pleine mesure de son efficacité. Il faudra sans doute attendre plusieurs années afin de pouvoir effectuer un premier bilan.
Cependant, les véritables enjeux afin de juguler notre déficit commercial sont ailleurs. Premièrement, le Maroc doit poursuivre ses efforts de diversification de son économie et développer l’offre exportable en mettant l’accent sur des produits à forte valeur ajoutée. En effet, les secteurs secondaire et tertiaire restent concentrés sur une gamme limitée de produits et services. La position concurrentielle du Maroc à l’international reste donc faible comparativement aux pays émergents de même niveau de développement. En second lieu, le Maroc doit diversifier sa gamme de partenaires commerciaux afin de réduire sa vulnérabilité à l’égard de ses voisins européens qui subissent une récession sans précédent. Le positionnement géographique du Maroc lui permet de s’ouvrir non seulement vers d’autres pays de la région méditerranéenne et du Golfe, mais aussi d’accentuer son ouverture outre-Atlantique. Les BRIC, les nouveaux marchés asiatiques et pourquoi pas l’Afrique sont également des sources dynamiques de diversification. Enfin, les besoins et les coûts énergétiques du Maroc sont en partie responsables du creusement du déficit commercial. Afin d’éviter que ce dernier ne se creuse davantage, le Maroc devra améliorer sa politique énergétique, tenter de réduire sa dépendance à l’égard des importations et diversifier ses sources d’énergie en renforçant ses programmes d’investissement dans les énergies renouvelables.