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Chronique CMC

Edito :

Déconnexion

 

Le projet de Loi de Finances a été adopté par le Parlement. La principale remarque de fond tient au fait qu’il a été élaboré sur la base d’hypothèses peu réalistes. S’agissant des recettes, le projet indique une progression de la quasi-totalité des recettes fiscales, à l’exception des droits de douane ; ce qui est normal au vu de l’entrée en vigueur de l’ALE avec l’UE le 1er mars dernier. Il est évident que cette progression ne sera pas de nature à combler l’immense déficit qui s’annonce, supérieur au moins à 6% selon certaines estimations. Pour ce faire, le gouvernement aurait pu proposer une réforme fiscale qui soit globale, juste, et étalée dans le temps. La progressive suppression de certaines niches fiscales (agriculture et immobilier notamment), dont le manque à gagner pour l’Etat dépasse les 30 milliards DHS, et qui relèvent pour certaines de l’économie de la rente, aurait dû figurer dans le projet. Or, le gouvernement a choisi la continuité. Aucune mesure fiscale significative n’est proposée, si ce n’est augmenter certains impôts qui pénaliseront infine le consommateur final (TIC, ciment, etc.). Le gouvernement a préféré proposer des mesures symboliques, telles que la réduction du train de vie de l’Etat, dont les impacts sur les finances publiques seront limités. Aussi, afin de limiter le déficit à venir, le gouvernement annonce qu’il va souscrire un emprunt à l’international (20 milliards Dhs), mettant en péril l’indépendance financière du pays, si durement acquise grâce aux efforts des précédents gouvernements. Du côté des dépenses, 2 chiffres méritent l’attention. La charge de la Compensation devrait atteindre, au terme de 2012, selon les estimations du projet, près de 53 milliards Dhs. Mais ce chiffre a été élaboré sur la base d’un baril à 100 USD. Or aujourd’hui, le prix du baril dépasse les 125 USD le baril ; ce qui nous fait estimer le véritable poids de la Caisse à plus de 80 milliards. Ce qui est proprement insoutenable. Le second chiffre est le poids de la masse salariale au niveau de la fonction publique, qui devrait atteindre 93.5 milliards de charges de personnel, à travers la création de 26.000 postes supplémentaires. A l’heure où l’ensemble des pays du monde entament des réformes drastiques au niveau de leurs administrations publiques, le Maroc nage à contre-courant. Le seul élément positif de ce projet de LdF est le maintien des dépenses d’investissement publiques à un niveau intéressant, de l’ordre de 123 milliards, en progression par rapport à 2011. Enfin, dernier élément, il est important de signaler que l’ensemble de ces prévisions a été réalisé sur la base d’une prévision du taux de croissance de 4.2%. Or le ministre des Finances lui-même a reconnu que ce taux était largement surévalué et qu’il fallait procéder à une révision de ce taux. Le CMC avait le premier annoncé que le taux de croissance ne dépasserait pas 3.2% en 2012. La Banque Centrale s’est alignée récemment sur ce chiffre. Aussi, le gouvernement devra tenir compte de cette nouvelle donne, reconsidérer ses hypothèses de travail, et proposer dans les mois qui viennent une Loi de Finance rectificative ! 

 

International :

Crise de la Dette et

Orientations Budgétaires

 

L’économie mondiale se relève difficilement de la récession de 2008/2009. Certes les plans de relance et les stabilisateurs automatiques ont permis d’éviter une catastrophe comme lors de la Grande Dépression des années 1930. De la même manière, les plans de soutien des banques ont empêché la destruction du système financier international. Mais l’ensemble des mesures a conduit à la socialisation des dettes privées insoutenables, a alourdi de façon très importante les déficits publics et accru fortement les dettes souveraines.

 

Dynamique économique :

Budget 2012

Creusement du déficit en perspective ?

 

Outre sa présentation tardive devant le Parlement, le Projet de Loi de Finances 2012 (PLF2012) qui est le reflet à la fois d'un environnement régional instable et de la crise économique qui secoue le monde depuis 2009 suscite des interrogations sur la pertinence de sa configuration d’ensemble.  Autant dire que le caractère contraignant de 2012 pourrait déteindre,  de multiples façons,  sur la mise en œuvre de ce projet. Sous cet angle, deux séries de questions focalisent l’attention : les hypothèses qui sous-tendent la confection du projet ne sont-elles pas déjà dépassées ? Dans l’éventualité de l’aggravation  de la conjoncture économique en 2012, quel sera l’impact sur la soutenabilité des finances publiques ?

 

Perspectives sectorielles :

La Compensation

Handicap de l'appareil productif !

 

La caisse de compensation semble défier les limites de la rationalité de la subvention étatique aux produits de consommation de base.  Elle connait ainsi une explosion dictée par  un contexte de perturbations avérées, dues pour  partie à une sécheresse exceptionnelle doublée d’un froid préjudiciable aux récoltes et particulièrement aux céréales et pour autre partie à l’augmentation frénétique  des prix du baril non maitrisables.  La réforme revêt de ce fait, un caractère d’urgence et de profondeur que le gouvernement cherche à adoucir par des mesures à effets réduits imprimés de stigmates d’improvisation.  On n’en veut pour preuve que le soutien attendu  de la création d’un compte d’affectation spéciale dénommé  « Fonds d’appui à la cohésion sociale ». L’esprit de la caisse voudrait conférer à  cet outil une  efficacité, qui lui fait défaut,  pour éradiquer la précarité, lever les menaces sur le pouvoir d’achat en neutralisant les cours haussiers du pétrole et les  flambées des prix des denrées alimentaires. Il contribuerait ainsi à instaurer plus d’équité au profit des populations qui souffrent le plus d’inégalités…

 

Entreprises & marchés  :
Investissement et Croissance

Quelle relation ?

 

L’investissement est aujourd’hui un déterminant reconnu de la croissance. Son rôle est cependant ambivalent. Il est à la fois à l’origine de la création des richesses dans l’économie et source de ses fluctuations via l’effet accélérateur. Cependant ses contours ne sont pas immuables, ce qui rend difficile sa mesure. La comptabilité nationale l’appréhende à travers la formation brute du capital fixe. Compte tenu de ce concept, l’investissement au Maroc a connu un développement important au cours de ces dernières années. Sa  contribution à la croissance s’est nettement améliorée grâce notamment aux efforts déployés à la fois par le secteur public et privé marocains. Entre 2000 et 2010, le montant de la formation brute du capital fixe a été multiplié par deux, ce qui dénote l'effort soutenu du Maroc en matière d'investissement.

 

Point de conjoncture :
Budget 2012     

Faible réactivité face au déficit de croissance

 

Prévisions :
Budget 2012

Quel effet multiplicateur sur l'activité ?

 

La configuration budgétaire pour l’année 2012 se fixe parmi les objectifs prioritaires la consolidation de la croissance et le rétablissement des équilibres macro-économiques. Ces objectifs devront être accompagnés, au plan social, par l’amélioration de l’accès aux services et aux équipements de base selon les principes d’équité. Les moyens budgétaires prévus pour la mise en œuvre des multiples actions envisagées dans le cadre de ces objectifs s’avèrent, à l’examen, relativement réduits. Ce constat ressort nettement à travers l’analyse de l’évolution des principales rubriques budgétaires et l’évaluation de leurs effets multiplicateurs.

 

 

 

 

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